Jean-Baptiste Soufron

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Il était une fois amazon ou google ou apple ou orange ou la fnac qui deviendraient éditeur de livres. Cachez vos enfants braves gens, les ogres arrivent dans la forêt. 

Cela fait longtemps que la chrysalide accomplit sa transformation. Le vendeur en ligne a commencé par concurrencer les libraires, allant jusqu’à faire trébucher Borders, l’immense équivalent américain de la fnac. Avec son Kindle, il a attaqué la distribution. Aujourd’hui, il n’hésite plus à étendre son action au cœur de l’écosystème du livre en décidant de publier directement 122 livres cet automne — en version électronique mais aussi en papier. 

Comme le rapporte le New York Times, Amazon démarche les auteurs de façon agressive — leur proposant d’un seul bloc tous les services qui étaient traditionnellement dévolus aux éditeurs, aux critiques et aux agents.

Et dans l’univers purement numérique, Amazon a annoncé avoir passé un deal - un accord avec DC Comics pour obtenir le droit exclusif de distribution d’une centaine de titres de leur catalogue — dont Batman, Superman, The Watchmen. 

On parlait d’embargo vers l’Iran il y a quelques minutes, mais voilà autant de titres qu’il ne sera donc plus possible de découvrir autrement qu’en disposant d’une tablette Kindle, au détriment de tous ceux qui possèdent un autre lecteur, que ce soit le nook, le sony, ou même celui de la fnac qui vient de sortir. 

Barnes & Noble a répondu en retirant l’ensemble du catalogue DC Comics de ses propres étagères, rapidement suivis par Books a Million, le 3e plus gros libraire américain. 

Mais ne serait-ce pas l’instant mp3 de l’industrie du livre ? Ces acteurs importants de la culture et de la démocratie seront-ils contraints de réinventer leur métier dans les mêmes conditions difficiles que celles qui sont celles de leurs cousins de la musique ? 

Dans l’univers end-to-end du numérique, quel est le véritable service qu’ils rendent aux auteurs et au public ? S’agit-il de marketing et d’une bonne distribution comme la musique ? D’un système d’avance de fond pour la production comme le cinéma ? D’une sélection et d’un travail éditorial consciencieux et peu valorisant ? De lutter contre le piratage dont on vient pourtant d’entendre ici même l’apologie il y a quelques minutes ! 

Ce qui est certain c’est qu’aussi puissant soit-il, ni Amazon ni ses doppelgangers numériques ne seraient aujourd’hui capables de produire autant de titres différents avec autant d’auteurs différents — plus de 67 000 titres en 2010. Du point de vue de l’ingénieur techno centré, ce serait bien sur techniquement envisageable— l’auto publication et la distribution numérisée prenant alors le relais du travail de la chaîne du livre. 

Mais de la même façon que Apple est capable de détruire une app qui la critique — comme Phone Story dont nous avions déjà parlé. Pete Townshend de The Who les qualifiait récemment de Digital Vampire — les contes de fée toujours — en raison du fait qu’ils mélangeaient désormais les rôles d’éditeurs, de distributeurs, et de producteurs, ne reversant finalement de royalties qu’aux auteurs qu’ils choisissaient de mettre en avant dans le catalogue online de iTunes. A quand le même problème chez Amazon ? 

L’une des grandes valeurs de l’industrie du livre, c’est celle de la coopétition de ses acteurs. Un mécanisme naturel de check & balances qui rapproche ce secteur de la démocratie qu’il irrigue naturellement depuis ses origines. C’est l’immense masse des éditeurs qui permet aux uns de découvrir les talents qui auraient échappé aux autres. Et il est facile de comprendre l’enjeu stratégique de souveraineté que représente la diffusion de l’information et du savoir pour un pays commel a France. 

Alors la masse des auteurs contre la masse du public, restons dans l’analyse - le dernier produit de Kindle s’appelle le Fire : à votre avis Laurent… prométhée des auteurs et du public ou autodafé d’une culture bicentenaire ?

It’s called Accessibility, and it’s the most important thing in the computing world. The. Most. Important. Thing.

The other big realization he had was that he can’t always build the right thing. I think Larry Tesler might have struck some kind of chord in Bezos when he said his mom couldn’t use the goddamn website. It’s not even super clear whose mom he was talking about, and doesn’t really matter, because nobody’s mom can use the goddamn website. In fact I myself find the website disturbingly daunting, and I worked there for over half a decade. I’ve just learned to kinda defocus my eyes and concentrate on the million or so pixels near the center of the page above the fold.

I’m not really sure how Bezos came to this realization — the insight that he can’t build one product and have it be right for everyone. But it doesn’t matter, because he gets it. There’s actually a formal name for this phenomenon. It’s called Accessibility, and it’s the most important thing in the computing world.

The. Most. Important. Thing.

If you’re sorta thinking, “huh? You mean like, blind and deaf people Accessibility?” then you’re not alone, because I’ve come to understand that there are lots and LOTS of people just like you: people for whom this idea does not have the right Accessibility, so it hasn’t been able to get through to you yet. It’s not your fault for not understanding, any more than it would be your fault for being blind or deaf or motion-restricted or living with any other disability. When software — or idea-ware for that matter — fails to be accessible to anyone for any reason, it is the fault of the software or of the messaging of the idea. It is an Accessibility failure.

Hacker News | Steve’s Google Platform rant

Les DRM du Kindle d’Amazon piratées

Intéressant, avec la croissance du marché grand public (les quelques millions vendus entre le Kindle d’Amazon, et le lecteur de Sony), les pirates commencent à s’intéresser aux DRMs utilisés dans ces appareils.

Reste à savoir si ça a vraiment un sens dans la mesure où il suffit d’un scanner et d’un bon ocr pour pirater un livre… et que bien la plupart des imprimantes de bureau bas de gamme disposent désormais d’un scanner à bac pouvant récupérer les feuilles par paquet de 50…

Le 25 décembre, Amazon a vendu plus de livres numériques qu'en papier

Du 15 novembre au 19 décembre, le Kindle a été l’article le plus commandé sur Amazon.com dans la catégorie électronique, devant le baladeur iPod Touch.

Ouf !

Mais mérité. Étonnant que certains ne comprennent pas que le combo 3G + livre numérique + distribution industrielle se transforme en bulldozer. Il ne leur restera plus beaucoup de temps pour se réveiller quand le Kindle sera devenu le iTunes du livre.